mardi 4 mars 2014

Artprice (PRC) : Meilleure année historique du Marché de l’Art, le rapport annuel du Marché de l’Art 2013.

Comme Artprice l'avait pressenti et écrit au cours de l'année 2013 par la voix de son président thierry Ehrmann, il s'agit bien de la meilleure année jamais enregistrée dans l'histoire des enchères (plus de 12 Mrd$), meilleure vente de la société Christie's - en 247 ans d'histoire - signée de surcroît pour l'art d'après-guerre et contemporain, record absolu d'adjudication pour une oeuvre d'art avec le Britannique Francis Bacon qui culmine à 127 m$... L'année 2013 est jalonnée de près de 15 000 nouveaux records d'artistes, plus de 23 000 si l'on inclut les premières enchères.

Cette année faste est portée par une demande mondialisée notamment avec des acheteurs d'Asie, du Moyen-Orient et de Russie qui jouent un rôle crucial dans la bonne tenue du marché et affichent un féroce appétit pour les artistes phares du XXème siècle qu'ils s'arrachent record après record.

Artprice.com, leader mondial de l'information sur le marché de l'art depuis 1987, analyse chaque année les résultats d'enchères à travers le monde, les évolutions du marché, les cotes et indices des artistes et des oeuvres, et les forces en présence de ce marché spécifique, sans omettre de se pencher sur les diverses sensibilités culturelles, ni sur le rapport intrinsèque entre art et argent qui mènent à toutes les convoitises et à quelques déceptions.

Introduction

En 2010, les quelques centaines de milliers de résultats compilés par Artprice démontrent que le monde de l'art est profondément bouleversé par l'émergence d'une puissance qu'aucun acteur du marché ne peut désormais ignorer : la Chine, dont le produit des ventes annuel enterre alors pour la première fois de l'histoire celui de la super puissance américaine. Pour la 4ème année consécutive, la Chine tient la dragée haute aux États-Unis, car les résultats 2013 la donnent encore première.

En Chine comme aux États-Unis, la vente d'œuvres d'art n'a jamais été si bénéfique. Le produit de ventes annuel mondial est en hausse de 13 %, passant de 10,6 Mrd$ à 12 Mrd$, et l'indice global des prix de l'art prend 15 points cette année, au profit d'une hausse générale de l'ordre de 80 % en 10 ans.
L'escalade des prix, les ventes de prestige devenues le théâtre d'une compétition effrénée où la prise de bénéfice peut grimper de plusieurs millions en quelques minutes, sont-elles le symptôme d'une nouvelle bulle spéculative ? La réponse est non selon les acteurs du marché qui considèrent que la donne a profondément changé.

En effet, le marché de l'art haut de gamme repose non plus sur une poignée d'acheteurs fortunés dont le retrait du jeu conduirait à un effondrement global, mais il est désormais alimenté par un nombre grandissant d'acheteurs richissimes conquis par les hautes sphères du marché de l'art, pour des raisons diverses et variées. Quid de l'émergence de nouveaux musées souhaitant faire briller une nation ou le pedigree d'un collectionneur privé par la qualité de sa collection ? Quid des fonds d'investissement qui révisent parfois leurs choix après avoir alimenté des microbulles et des allers-retours juteux sur des signatures fraîches ? Quid de ces nouveaux acheteurs milliardaires pour lesquels l'acquisition d'une œuvre majeure est tout autant une aventure personnelle, un faire-valoir social et un placement de choix ?

Par ailleurs, huit des cinquante meilleures enchères de 2013 sont le fait d'artistes vivants et ce Top 50 enchères compte même une œuvre du XXIème siècle : The Last Supper (2001) de l'artiste chinois Zeng Fanzhi.

Les grands chiffres de 2013

Les recettes de la Chine sont encore en hausse cette année (+21 %) malgré une année américaine d'excellence (circa 20 % de hausse). Le duopole Chine/États-Unis contrôle près de 70 % du marché de l'art en termes de volume d'affaires et les deux superpuissances se trouvent au coude à coude. La Chine, première place de marché mondiale, affiche 4,1 Mrd$ de résultat ; les États-Unis dépassent les 4 Mrd$, grâce à l'acharnement d'une demande mondialisée très fortunée sur les signatures trophées.

Face à cette montée en puissance, les autres places de marché sont complètement distanciées : avec 2,1 Mrd$, le Royaume-Uni génère deux fois moins de recettes que les leaders mais aucun autre pays ne met en danger sa 3ème place. Quatrième au palmarès, lanterne rouge du Marché de l'Art, la France génère en effet 549 m$ (4,5 % du marché), puis viennent l'Allemagne (207 m$ et 1,7 % du marché), la Suisse (159 m$ et 1,3 % du marché) et l'Italie (110 m$ et 0,9 % du marché), seuls capables de passer les 100 m$ de recettes.

Avec 34 % d'invendus sur une offre pléthorique, le marché n'a jamais été aussi gourmand dans l'histoire et digère deux fois plus d'œuvres qu'il y a 10 ans. C'est dire combien la demande s'est élargie sur ces dix dernières années. Les ventes ont dégagé 12,05 Mrd$, un record absolu dans l'histoire des enchères, en progression de 13 % par rapport au cru 2012* et de 2,3 % par rapport au précédent record que fut l'année 2011 avec 11,78 Mrd$ de recettes.

*Le produit des ventes 2012 se hissait à 10,6 Mrd$ pour le Fine art selon les critères d'Artprice.com, c'est-à-dire les ventes de peinture, dessin, sculpture, photographie, estampe, multimédia pour des œuvres d'artistes clairement identifiés, les chiffres AMMA Artron du rapport 2012 étant basés sur un spectre plus large.

Artprice publie en 6 langues ce rapport exclusif du marché de l'art repris par plus de 6 300 institutions et médias internationaux chaque année. Réalisés à partir des résultats d'enchères issus de 4 500 maisons de ventes, le Rapport annuel 2013 est constitué d'analyses macro-économiques et micro-économiques mises à jour au fil de l'actualité des ventes et des évolutions des prix des oeuvres d'art. Ce rapport édité par ArtMarketInsight, l'agence de presse d'Artprice, avec le département d'économétrie d'Artprice contient aussi des classements originaux tels que le Top 500 des artistes par chiffre d'affaires et la liste des 100 plus fortes enchères de l'année.

thierry Ehrmann

Source: http://www.artprice.com (c)1987-2014 thierry Ehrmann